The Invisible Life of Addie LaRue : une vie d'immortelle oubliée

The Invisible Life of Addie LaRue de V. E. Schwab

Never pray to the gods that answer after dark.

Well, well, well. Que dire de ce livre ? Ce livre qui se trouve être le tout dernier ouvrage de mon auteure favorite, ce livre que j’attendais avec grande impatience depuis tant de temps, ce livre qui devait raviver la flamme de 2020… ??

L’image qu’il renvoi (de par son résumé et sa couverture) m’avait préparée à un roman bien différent des précédents bouquins de l’auteure. Et j’avais raison puisque The Invisible Life of Addie LaRue a un côté plus contemplatif, plus posé et davantage centré sur les personnages que A Darker Shade of Magic par exemple. Cela change vraiment du style auquel Victoria Schwab m’avait habituée !

C’est l’histoire de Addie, une jeune femme née au XVIIIème siècle à Villon-sur-Sarthe, un petit village de France. Fuyant un mariage dont elle ne veut pas, désespérée à l’idée d’être enfermée dans une vie l’empêchant de découvrir ce que le monde a à lui offrir, Addie s’enfonce dans la forêt ignorant les ombres qui s’intensifient autour d’elle.

C’est là que le Diable en personne apparaît, né de l’obscurité. La jeune femme saisissant sa dernière chance pour sauver sa liberté passe alors un terrible marché avec cet être surnaturel : celui de vivre éternellement. MAIS. Be careful what you wish for… En contrepartie de son immortalité, la jeune femme devra vivre sans que personne ne puisse jamais se souvenir d’elle.

Damn girl.

The Invisible Life of Addie LaRue n’est pas un coup de cœur, j’en suis même assez déçue. Ça fait bizarre de tenir ces propos pour une œuvre signée Victoria Schwab. Mais bon, il y a une première à tout…

Ce livre m’a paru long. J’ai aimé la première partie du bouquin car c’est là que les fondations de l’histoire se construisaient et c’était intéressant de voir notre jeune Addie évoluer avec sa malédiction. Mais au bout d’un moment, les choses m’ont paru de plus en plus répétitives et… ennuyantes.

Addie passe littéralement sa vie d’immortelle à être complètement boring. Elle a une vie ultra banale en fait. Les seuls moments qui parvenaient à faire sortir de l’ordinaire la vie de l’héroïne étaient ceux où le Big Bad Wolf™ apparaissait. Malheureusement, il y en avait si peu.

Le Diable, aussi appelé… Luc. Sorry, mais déjà un nom aussi banal pour un personnage de son envergure, je dois avouer que ça m’a valu d’esquisser un sourire lors de son introduction. Luc, le Diable quoi. Enfin bon, maybe ce n’est que moi qui trouve que ce nom manque de panache pour un protagoniste aussi ancient/puissant/godlike.

J’aime les vilains dans les bouquins et là, Ô bonheur, nous avons un personnage principal qui est justement l’incarnation du mal. Pour le coup, je l’ai vraiment trouvé sournois et pervers dans le sens où il prenait un malin plaisir à jouer avec les sentiments de Addie. Luc n’a pas une once de bienveillance en lui et c’est cohérent avec son personnage dépourvu d’humanité.

Je trouve que la "romance" entre Addie et Luc a été super bien amenée parce que clairement, notre pauvre Addie n’a qu’une constante dans sa vie : la seule « personne » qui est capable de se souvenir d’elle, c’est Luc. Forcément, au bout de trois cents ans à ne connaître que lui et à recevoir ses visites quasi annuelles, il est presque normal, je dirais, de voir naître des sentiments chez la jeune femme. D’autant plus que, étrangement, les traits de Luc sont façonnés à l’image de l’homme idéal de Addie. C’est bien pratique ça, tiens, tiens !!!

Bref, il s’agit de la relation toxique par excellence. Et ces sentiments de love/hate complexes et profonds étaient un pur régal. On sait que c’est mauvais, mais en même temps, on comprend parfaitement pourquoi Addie est attirée par lui. C’est tout ce que je demande : de la crédibilité et des sentiments contraires qui font vriller notre cerveau. And that’s what we got.

J’appelle « romance » la relation entre Addie et Luc mais je ne sais pas si c’est le terme qu’il faut. Ce qui est une véritable romance, en revanche, c’est la relation entre Addie et Henry. Henry fut une agréable surprise dans cette histoire. Dès que la rencontre entre lui et Addie s’est produite, j’avais des papillons dans le ventre, j’ai trouvé leur relation naissante adorable.

Bon après, je dois avouer que j’ai très rapidement déchantée : j’ai recommencé à trouver la vie des deux personnages assez boring. C’est bien dommage. Mais le début était sympa en tout cas !!

Le personnage de Addie en lui-même manquait de substance à mon goût. Elle est la muse de nombreux artistes, et pourtant, tout ce qu’elle fait c’est juste…. être là. Enfin non, pardon… elle est là, AVEC SES SEPTS TÂCHES DE ROUSSEUR TELLE UNE CONSTELLATION. Je ne compte plus le nombre de fois où la mention de ses tâches de rousseur est apparue dans le livre. Et on est d’accord que c’est son seul trait de personnalité ???

J’ai vu également dans beaucoup d’avis que des lecteurs avaient noté le manque de diversité et l’eurocentrisme présent dans ce bouquin. Je rejoins ces avis. J’ai du mal à croire qu’en trois cents ans, Addie n’a jamais visité de pays en dehors de l’Europe. Où est passée la jeune femme du début, qui a des rêves plein la tête, assoiffée de découvertes et d’aventures ? Hmm.

Néanmoins, il s'agit d'un point délicat à aborder. Je vous recommande cette vidéo d'une de mes booktubeuses favorites qui discute de cet aspect dans le livre avec une réflexion assez poussée, si cela vous intéresse : Should white authors write non-white characters? *A closer look at the Whiteness of Addie LaRue*.

L’auteure s’est beaucoup appuyée sur l’aspect « esthétique » de l’histoire. Oui, oui, la France, l’art et tout ça c’est très chic et tendance, mais au final, ce livre me fait davantage penser à un patchwork d’images tout droit sorties d’un moodboard Pinterest. Ce sont plein d’éléments mis bout à bout dans le seul but d’atteindre un certain idéal et du coup, ça m’a parfois sortie de l’histoire parce que je ne pouvais pas m’empêcher de trouver le bouquin… superficiel dans sa poursuite d’un esthétique un peu trop clean et bobo chic ?? Je préfère les livres qui ont une intrigue plus consistante.

Voici donc l'histoire résumée en quelques images…

Moodboard par BelleRoseReads.

Pour terminer cet avis qui commence à se faire aussi long que le titre du bouquin dont je suis en train de parler, je tiens tout de même à faire remarquer tout le travail fourni par l’auteure. Victoria Schwab s’est donnée et ça se sent. J’ai adoré son écriture élégante et le traitement de sujets pas évidents tels que la dépression, la remise en question de soi et la persévérance qui ont su résonner en moi. The Invisible Life of Addie LaRue n’est pas le coup de cœur que j’espérais, mais j’ai passé un agréable moment à le lire et redécouvrir la plume enivrante de mon auteure favorite.

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